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Government Information Service (under the aegis of the Prime Minister's Office)

Les Phares à Maurice


Amener les navires à bon port : entre travail et passion
 
Le phare de Pointe aux Caves se dresse, majestueux et fier, sur son promontoire à 23 mètres sur la côte ouest de l'Ile, aux environs d'Albion. Le territoire mauricien ne compte que deux phares qui sont toujours en opération : celui de Pointe aux Caves et l'Ile Plate. Et le seul qui ait conservé son ‘gardien’ est celui de Pointe aux Caves. Mais de nos jours, avec les nouvelles technologies, le gardien de phare est-il vraiment nécessaire ?


`Certainement, la machine ne peut pas toujours remplacer l'homme et en cas de gros pépins, le gardien se doit d'intervenir,' nous répond M. Noël Legeant, Engineering Superintendent à la Mauritius Ports Authority (MPA).
 
Et de nous raconter le travail de dépannage qu'il a dû, avec l'aide du gardien, Premanand Moheeputh, effectuer en plein cyclone, en classe 4, afin de trouver les moyens de faire fonctionner le système.
 
Le réseau électrique avait été endommagé par les fortes rafales. Le générateur qui s’était automatiquement enclenché avec la coupure électrique ne fonctionnait plus, laissant le phare et ses alentours dans l’obscurité. « Il fallait à tout prix faire marcher le générateur. Avec la pluie qui tombait à tout rompre et les rafales de vent, l’accès au phare était difficile. Armé de torches, nous avons couru contre vents et … pluies vers le phare. Et une fois sur place, avec un peu d’ingéniosité et d’adresse, nous avons pu, heureusement, ‘trafiquer’ le générateur et le remettre en marche, rallumant les lumières du phare, » ajoute-t-il.

Mais comment devient-on gardien de phare ?

Logeant dans une maison à quelques mètres du phare , M. Premanand Moheeputh a passé ces seize dernières années à Pointe aux Caves. `Pour moi, travailler au phare est né d'une passion. J'habitais les environs et, dès mon plus jeune âge, je me suis intéressé au phare et à son fonctionnement', nous dit M. Moheeputh.
 
`Après mes heures de classe, je venais voir le gardien de l'époque. Je l'aidais, je faisais des petits travaux et en même temps, j'ai pu voir comment s'effectuait le travail de gardien. Quand le gardien a pris sa retraite, j'ai entamé des démarches pour y travailler. L’expérience et les connaissances acquises auprès du gardien ont été des atouts qui m’ont permis d’avoir ce travail.’
 
Et la solitude ? `Cela fait 15 ans que je fais ce travail et pour vous dire, la solitude ne me pèse pas vraiment. J'ai ma famille qui habite avec moi et puis j'aime ce métier. C’est comme un rêve d’enfant qui se serait réalisé.'
 
C’est avec une pointe de fierté que M. Moheeputh nous fait visiter les lieux. Le phare de Pointe aux Caves est situé sur une falaise surplombant la mer. Quoique s’élèvant à 23 mètres au dessus du niveau de la mer, il ne mesure que 16 mètres de hauteur. Sa portée lumineuse, c'est-à-dire la distance à laquelle la lumière du phare est visible aux navires, tourne autour de 29 kilomètres, nous dit M. Legeant.
 
De forme cylindrique - le cas d'une grande majorité de phares pour réduire de beaucoup la pression des vents et leur permettre d'affronter les rafales les plus violentes – l’intérieur du phare est aménagé d'une manière simple et sobre. Vingt-sept marches de fer en spirale et une dizaine de marches mènent au sommet où se tient l’élément essentiel du phare : le système optique.

Guider les navires dans la nuit

Et nous voilà plongés dans les détails techniques : M. Moheeputh nous explique que ce système comprend les ampoules et un mécanisme de lentilles en verres taillés spéciaux montés sur un support en bois. Cette structure déploie l’éclairage obtenu des ampoules en rayons balayant l'horizon et guidant les navires dans la nuit.
 
Il nous parle aussi du type de feu émis par le système optique : un feu clignotant, c'est-à-dire un feu fixe (type d'éclairage dont l'intensité reste constante dans toutes les directions) dont on capte régulièrement la lumière grâce au piédestal. Celui-ci est l'élément clé qui s'attelle à faire tourner le mécanisme des lentilles pour créer des effets d'éclairs intermittents. Toutes ces mécanismes se retrouvent dans une lanterne qui préserve la lampe et l'optique des intempéries.
 
Au troisième niveau du phare, se trouve un deuxième système optique comportant un autre type d'éclairage, le feu coloré. D'un teint rouge, il agit comme phare d'entrée indiquant aux navires le passage vers la rade de Port Louis.
 
La journée de M. Moheeputh débute dès l’aube, avant le lever du soleil. Il éteint le mécanisme d’allumage et le système de rotation. A l’aide de cordes, il baisse les bâches qui servent à protéger les lentilles des rayons de soleil. Ensuite, il s’attelle à l'entretien des équipements : nettoyage des verres du mécanisme de lentilles, graissage du moteur et d'autres éléments susceptibles de se rouiller, vérification et remplacement des ampoules, entre autres.
 
A la tombée du soir, quoique le mécanisme soit automatisé, M. Moheeputh lance la manoeuvre : allumage d'ampoules et système de rotation. Puis, il lève les bâches et laisse place au ballet lumineux. Par la suite, il téléphone aux officiers du port pour un compte rendu sur le fonctionnement du phare.
 
A Pointe aux Caves, nous sommes loin des clichés de phare avec une atmosphère d'isolement et de nostalgie et ce, malgré la distance qui sépare le phare des habitations. D'un air protecteur et ayant fière allure dans sa parure blanche et rouge, le phare veille tel un gardien sur la vaste étendue d'eau bleue de la côte ouest, protégeant les marins d'une éventuelle tragédie sur les rochers de la falaise. Et en pleine journée, il semble baigner dans le soleil qui l'aurait englobé de toute sa chaleur.

Historique du phare

Construit sous le gouverneur Sir Cavendish Boyle, K.C.M.G., et inauguré en octobre 1910, Il est aussi connu comme le phare de Belle Vue.
 
Auparavant, avant 1969, le phare fonctionnait au moyen d’un service de contrepoids. A un intervalle de quatre heures, le gardien devait remonter le contrepoids permettant de faire tourner le mécanisme de lentille autour de l'ampoule. L'éclairage était assuré par une lampe à pétrole et la rotation par un mécanisme d'horlogerie.
 
A partir de 1969, ce fut le début de l'automatisation du phare. Il y a eu d’abord des moteurs électriques alimentés par des générateurs. Et avec les agglomérations qui se sont graduellement implantées dans les environs, le phare a connu une électrisation complète.
 
Le Phare de l'Ile Plate
Mais qu'en est-il du phare de l'Ile Plate ? Qui s'occupe de son entretien et de sa mise en marche ?
 
Situé sur la côte sud-est l’île Plate, au large du nord de Maurice, le phare s’élève à plus d'une centaine de mètres au dessus du niveau de la mer et a une portée lumineuse d’environ 45 kilomètres.
 
Le mode de fonctionnement du phare de l’île Plate diffère de celui de Pointe aux Caves. Le système ne nécessite pas la présence d'un gardien car il se met en marche et s'éteint automatiquement. L'alimentation électrique se fait par le biais de panneaux solaires. Mais son entretien est très difficile comme en témoigne M. Lamarque, qui compte 29 ans de service à la MPA, et qui, quelques années de cela, avait dû séjourner au phare pour effectuer des travaux de rénovation.
 
`A faire presque quatre heures en bateau, deux heures à l'aller et deux autres au retour en additionnant le temps pour grimper au sommet de la colline pour atteindre le phare, c'était presque une demi-journée perdue. Nous étions donc obligés de vivre sur l'île', nous relate d'emblée M. Lamarque.
 
Les conditions de séjour n’étaient pas aisées. Le ravitaillement en eau fraîche se faisait tous les jours par bateau. Alors qu'une équipe restait au phare et faisait les travaux de réparation, une autre montait les vivres jusqu'au sommet de la colline et ensuite au phare. Et la nuit, sans toiture, les employés de la MPA dormaient dans leur sac de couchage ... à la belle étoile.
 
Ces conditions démontrent bien les difficultés en cas de panne du phare de l'Ile Plate. Le phare devrait subir de petits travaux de rénovation tous les six mois pour se maintenir en bon état. Toutefois, les contraintes financières et logistiques associées à cette tâche prolongent bien souvent ce délai. Mais, il n'empêche que loin des rivages et durant la nuit, le besoin d'avoir des repères terrestres pour signaler les ports et les dangers demeure.
 
Les autres phares
Quant aux autres phares, ceux de la Pointe aux Canonniers, placé sur l'établissement hôtelier qui porte le même nom, et de l'Ile aux Fouquets, se trouvant à l'entrée de la baie de Mahébourg, ils ne sont maintenant que les vestiges d'un temps passé.
 
 
Les phares, dispositifs de signalisation maritime, ont pour fonction d’avertir les navires des passages dangereux et des récifs le long des côtes. Ils permettent aux navires d’arriver à bon port en leur indiquant le passage. Ces phares doivent par conséquent être opérationnels toutes les nuits.­
 
C'est à la MPA qu’incombe la responsabilité de veiller au bon fonctionnement des phares et des feux de navigation sur le territoire mauricien en s'occupant de leur entretien et des réparations. A ce titre, la MPA prévoit une rénovation du phare de Pointe aux Caves. Les travaux visent à améliorer l'efficacité et surtout, à réduire le coût de la note d'électricité qu'engendre le phare. Le but final est la modernisation des structures pour être en conformité avec les règlements et les normes internationaux en termes de sécurité.