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Le Tombeau Malartic au Champ de Mars


 
Connu comme ‘Père de la colonie’, Anne-Joseph Hippolyte, Comte
de Malartic (17 juin 1792 - 28 juillet 1800) a été un des gouverneurs de l’Isle de France – appellation de Maurice sous l’occupation française- le plus apprécié de son temps. Pour lui rendre hommage, ses contemporains, par l’entremise de l’Assemblée coloniale, ont fait ériger, aux frais de l’île, un mausolée au Champ de Mars.
Pourquoi tant d’égards pour ce gouverneur?
De son Montauban natal en France, Anne-Joseph Hippolyte de Malartic a été au Canada, aux Antilles et finalement à Maurice. Au sein du régiment français, Malartic a été sous-lieutenant, aide-major, colonel, brigadier, gouverneur de la Guadeloupe et maréchal de camp. Il a participé aux différentes opérations militaires et a même été décoré de la Croix de Saint Louis.
Il faut souligner qu’à l’époque de l’arrivée de Malartic, et dans le sillage de la Révolution française, le cadre politique de l’Isle de France connaît un grand changement. C’est l’Assemblée coloniale, comprenant des députés élus par les colons blancs, qui détient le pouvoir exécutif alors que l’administration journalière repose sur les conseils municipaux. Le gouverneur se cantonne désormais à un rôle symbolique et n’intervient que dans des cas d’extrême nécessité.
Dès son arrivée dans une île aux prises avec la petite vérole et la famine, le gouverneur Malartic entreprend de résoudre ces difficultés. D’abord, il ordonne la vaccination de tous ceux qui n’ont pas encore contracté la maladie pour enrayer la propagation de la petite vérole. Ensuite, pour mettre fin à la famine, il contourne le blocus anglais et établit un accord avec les corsaires pour une protection contre les Anglais et pour l’approvisionnement de l’île en nourriture.
Ingénieux, le gouverneur évite tout conflit avec les administrateurs et l’Assemblée coloniale. Avec leur collaboration, il parvient à endiguer les principes révolutionnaires, et le désordre et la ruine qui auraient pu en résulter. Il s’attire ainsi une affectueuse et mémorable popularité si bien qu’on parle de lui qu’en termes élogieux : caractère paisible, ayant un esprit de conciliation, charitable et plein de bonhomie, tacticien et homme sensible.
Son habileté à faire face à toutes les circonstances porte au respect. Au cours de l’annonce de l’abolition de l’esclavage par la France dans toutes ses colonies, le gouverneur Malartic prend parti pour les colons blancs de l’île. Par conséquent, il signe l’ordre de faire déporter aux îles Philippines les commissaires venus assurer l’exécution du décret abolissant l’esclavage et évite ainsi la révolte des colons.
Le 28 juillet 1800, au grand chagrin de la population, le gouverneur Malartic meurt d’une congestion cérébrale.
Du caveau provisoire au mausolée
Après la mort du gouverneur, sa dépouille est déposée dans un caveau provisoire à l’est du Champ de Mars en attendant la construction du mausolée qui doit abriter les restes du défunt. Mais l’histoire, loin de se terminer, est marquée par de nouvelles péripéties avec la construction du tombeau.
Suivant la pose de la première pierre du tombeau le 16 mars 1801, les cendres du gouverneur Malartic sont placées, le 28 juillet 1801, dans le mausolée pas encore complété. Il faut ici souligner la complexité du plan du mausolée conçu par l’architecte Gastambide. Si son plan avait été suivi au détail près, le tombeau Malartic comporterait aujourd’hui plusieurs colonnes, une urne et le buste du gouverneur Malartic. Mais en 1803, l’argent vient à manquer et les travaux d’aménagement du mausolée sont suspendus.
C’est seulement après 46 ans, sous le régime anglais, que les travaux reprennent et que le monument est complété grâce à l’intervention de Lady Gomm. Cela à cause d’un décret interdisant aux avocats de la colonie de plaider en français. Pour apaiser les esprits et pour calmer un mouvement de révolte contre l’autorité anglaise, le 13 août 1846 se tient une kermesse, appelée Bazar Malartic et organisée par Lady Gomm en vue de recueillir des fonds pour l’achèvement du monument funéraire. Et le mausolée de Malartic est parachevé en 1847.
Mais comble de malchance, le monument est partiellement détruit par le cyclone du 29 avril 1892. Toutefois, la Municipalité de Port Louis accepte d’encourir les frais des travaux de reconstruction. Finalement, la réfection du mausolée prend fin en octobre 1893.
Le Tombeau Malartic, élément incontournable du riche patrimoine port louisien se doit d’être un lieu de mémoire. Ce monument commémoratif sert à rendre hommage à un gouverneur très populaire et respecté et à souligner sa contribution au développement de notre île, d’où l’épitaphe ‘Tribunus Militum Comes De Malartic’- Comte de Malartic : tribun et militaire.
Il devrait encourager les Mauriciens à mieux connaître l’histoire de leur île et ceux qui ont contribué à son évolution.