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Government Information Service (under the aegis of the Prime Minister's Office)

La culture de champignons


Culture de champignons - Un créneau très prometteur
 
La production de champignon frais à Maurice a connu une hausse significative pendant ces dernières années. De 15 tonnes en 2001, ce

chiffre est passé à 76 tonnes en 2005. Cette hausse démontre clairement qu’il y a un engouement pour le champignon frais local auprès des consommateurs.
Mais malgré cette hausse considérable dans la production, Maurice continue à importer la majeure partie des champignons que nous consommons, principalement de la Chine et de la Malaisie. Pourtant le champignon est très facile à cultiver, et ne demande pas un trop grand espace. En outre, sa production ne requiert que de faibles investissements initiaux. On peut même le cultiver chez soi dans son garage.
Pour faire face à la demande grandissante et aussi pour donner un nouvel essor à cette culture, le ministre de l’Agro-industrie et de la Pèche, le Dr. Arvin Boolell, envisage la création éventuelle d’un village de champignons. Un site a déjà à été identifié.
La culture du champignon représente un potentiel énorme à Maurice. A ce jour le prix du champignon frais varie entre Rs. 100 et Rs. 200 le kg sur le marché local; le produit est aussi présent sur le marché sous forme séchée.
Les champignons sont cultivés pour leur saveur, leur vertu nutritive et médicinale. Le champignon est un aliment à haute valeur nutritive qui renferme environ 10 % de matière sèche. Il est riche en protéines, acides aminés, vitamines (Groupe B) et minéraux (surtout le phosphore, la potasse et le fer) et contient très peu de matière grasse. Le champignon non seulement ne contient pas de cholestérol mais possède aussi des propriétés médicinales qui ont une action bienfaisante sur l’organisme humain, étant connu pour ses effets anti-tumeur et anti-cholestérol.
 
L’AREU assure l’encadrement technique.
Les espèces de champignons qui sont les plus prisées et qui sont cultivées à Maurice sont le Pleurote, le Shiitake et l’Oreille de bois se place second parmi les champignons les plus cultivés commercialement à l’échelle mondiale. Si la culture du champignon est pratiquée à Maurice depuis longtemps ce n’est que pendant ces dernières années qu’elle a connu une expansion grâce à l’appui de l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU) du ministère de l’Agro-industrie et de la Pêche.
L’AREU encourage fortement la culture du champignon et fournit l’encadrement technique nécessaire à cet effet. L’objectif est de permettre à la population d’avoir à sa disposition un produit frais pour être consommé et éventuellement une production à petite échelle pour des revenus additionnels. A ce jour, une cinquantaine de personnes s’adonnent à cette culture à Maurice. Douze parmi eux le font sur une grande échelle et les autres le font sur une base plutôt moyenne.
L’AREU dispose d’une ‘mushroom unit’ à La Brasserie qui offre des facilités aux Mauriciens qui veulent se lancer dans la culture du champignon. Cette branche ne s’occupe pas seulement de la recherche mais dispose aussi d’un centre de formation qui propose des techniques de culture et des conseils pour l’amélioration de la qualité des champignons. Elle met aussi à la disposition des personnes intéressées des sacs de substrat pour la fructification, comme le souligne Mlle Huzar Futty, ‘Research Scientist’ responsable pour la culture du champignon à l’AREU.
Ces ‘fruiting bags’, nous explique Mlle Futty, sont disponible en deux dimensions et coûtent Rs 7 et Rs 25 respectivement pour les petites et grands sacs. Des ‘spawn bags’ et ‘mother flasks’ sont aussi disponible sur commande à Rs 25 et Rs 15.
Comment faire pour cultiver le champignon.
Le champignon Pleurote peut être cultivé sur de nombreux déchets agricoles. Les recherches menées par l’AREU ont démontré le potentiel de la bagasse de la canne à sucre comme substrat base. Le lieu idéal pour la culture du champignon doit être un endroit frais, bien aéré, humide et à l’abri du soleil. Les sacs doivent être placés sur des étagères simples pur faciliter l’entretien. Pour une production à petite échelle des endroits tels que la cuisine, une entrepôt, un garage, un abri ou même l’espace sous les escaliers sont appropriés.

Les sacs contenant le substrat de bagasse comme matière première principale ont ensemencés avec du Pleurote. La fructification des sacs comprend une manipulation Assez complexe visant à faire passer le champignon de sa phase végétative n phase de fructification. Cela nécessite un changement de microclimat (baisse de température, plus grande ventilation, luminosité adéquate et humidité constante).

Les sacs sont livrés avec des anneaux à chaque extrémité pour ceux de trois kg et à une seule extrémité pour ceux de 750g. La fructification commence environ un mois après la date d’inoculation indiquée sur les sacs. Pour initier la fructification et aussi pour garder le substrat humide, il est essentiel de vaporiser d’eau les surfaces exposées du substrat deux ou plusieurs fois par jour.

Des petites ‘têtes’ ou ‘pointes’ apparaîtront cinq à dix jours plus tard et se développeront en champignons dans trois à six jours. Les champignons arrivent à maturité lorsque les rebords commencent à être finement dentelés.
Un maximum de trois à quatre cueillettes donne un total d’environ 750g de champignon par sac de 3 kg de substrat. Les champignons peuvent être consommés frais ou conservés au réfrigérateur pendant cinq à dix jours à une température de deux à cinq celsius.
 
Qu’est-ce qu’un champignon ?
 
Les champignons sont des végétaux appartenant aux ‘Fungi’, groupe qui se distingue des plantes, animaux et autres bactéries. Ils comportent des cellules semblables à celles des plantes mais n’ayant point de chlorophylle. Ils ne peuvent donc utiliser directement l’énergie du soleil et dépendent essentiellement d’autres organismes pour leur alimentation.
 
Les champignons se multiplient en produisant des semences minuscules appelées spores. En atterrissant dans un milieu ou substrat favorable, ces spores germent et se ramifient pour former le mycélium. Ensuite le mycélium entre dans une phase de multiplication végétative colonisant le substrat tout en se nourrissant des substances nutritives qui s’y trouvent. Le mycélium entrera éventuellement dans une phase de reproduction sexuelle culminant dans la fructification et la production des spores. Ce sont ces organes fructifères qui intéressent le consommateur.
 
Il faut souligner que dans la culture des champignons, on utilise rarement les spores car leur petite taille les rend difficiles à manipuler. On démarre généralement une culture à partir d’un matériau appelé le ‘banc’. La préparation du ‘banc’ qui est composé essentiellement de mycélium est entreprise en laboratoire dans des conditions aseptiques à partir de mycélium prélevé au préalable sur une précédente culture pure et non contaminée et qu’on multipliera sur un milieu stérile en plusieurs étapes. Dans les grands pays producteurs, le cultivateur s’approvisionne le plus souvent auprès des laboratoires spécialisés dans la production du ‘banc’.